St-Marys, Ontario – Les quatre intronisés du Temple de la renommée du baseball canadien en 2019 ont un total de neuf bagues de la Série mondiale, cinq sélections au match des étoiles, quatre prix Tip O’Neill et auraient composé une excellente base pour une équipe de baseball professionnelle.

L’ancien voltigeur Jason Bay (Trail, C.-B.), l’ancien lanceur Ryan Dempster (Sechelt, C.-B.), le respecté entraîneur Rob Thomson (Sarnia, ON) et l’administrateur de longue date Gord Ash (Toronto, ON) seront intronisés au Temple du baseball canadien au cours d’une cérémonie qui aura lieu le 15 juin 2019 sur le site même du panthéon à St-Marys, en Ontario.

“Chacun des intronisés de cette année est un fier canadien qui a eu un impact important sur le baseball au pays, a dit Scott Crawford, le directeur des opérations du Temple de la renommée et musée du baseball canadien. Jason Bay et Ryan Dempster ont été des joueurs étoiles dans le baseball majeur en plus d’être deux des plus prolifiques joueurs de tous les temps venant d’ici alors que Rob Thomson et Gord Ash ont participé à un total de sept conquêtes de la Série mondiale et sont très respectés dans le monde du baseball.”

Biographies des intronisés

Jason Bay

Né à Trail, en Colombie-Britannique en 1978, Jason Bay a joué pour l’équipe de sa ville natale lors de la Petite série mondiale de 1990. Un athlète de premier plan à l’école secondaire, le frappeur droitier a joué deux saisons avec l’Université Gonzaga où il a été nommé sur la première équipe d’étoile de la conférence de la Côte ouest lors des deux campagnes. Ses performances ont convaincu les Expos de Montréal de le repêcher en 22e ronde lors de la séance de l’an 2000.

Après deux saisons dans l’organisation montréalaise, il a été échangé aux Mets de New York et ensuite aux Padres de San Diego en l’espace de quatre mois, en 2002. Après avoir fait ses débuts dans les grandes ligues avec les Padres en 2003, Bay a été échangé aux Pirates de Pittsburgh. C’est dans la ville de l’acier qu’il est devenu une vedette. Il a été le voltigeur de gauche partant de la formation à partir du 7 mai 2004 et a ensuite toujours été un régulier, maintenant une moyenne au bâton de ,282, frappant 26 circuits et produisant 120 points à sa première saison complète. Ces statistiques lui ont permis de devenir le premier Canadien, et toujours le seul jusqu’à maintenant, à être nommé la recrue de l’année dans la Ligue nationale.

Bay a excellé avec les Pirates au cours des quatre saisons suivantes, cognant au moins 30 circuits et produisant au moins 100 points au cours de deux saisons consécutives (2005 et 2006) et étant invité au match des étoiles au cours de ces deux campagnes productives. En plus de sa puissance, Bay était un voleur de buts, réussissant 21 larcins en 22 tentatives en 2005, pour un total d’efficacité de 95,46 %, le plus haut pourcentage de la Ligue nationale cette année-là et un joueur défensif efficace et fiable, terminant deux fois en deuxième position dans la Nationale pour les assistances réussies par un voltigeur de gauche (2006 et 2007).

Après avoir réussi 22 circuits en 106 matchs pour débuter la saison 2008, Bay a été échangé aux Red Sox de Boston à la date limite des échanges, le 31 juillet. Avec sa nouvelle équipe, son appui offensif s’est poursuivi, frappant neuf circuits de plus dans la course au championnat remportée par les Sox. Dans la série de division de la Ligue américaine contre les Angels de Los Angeles, il a récolté la plus

haute moyenne de son équipe (,417 ou 7-en-17), les aidant à se rendre à la série de championnat. Bay est retourné à Boston l’année suivante, frappant son plus haut total de circuit en carrière (36) et produisant 119 points. Au champ extérieur, il a récolté 15 assistances, le plus haut total de la Ligue, et n’a commis aucune erreur. Avec toutes ces statistiques, il a été invité au match des étoiles, a reçu un bâton d’argent et a terminé septième dans la course au joueur par excellence.

Après cette saison, il a signé un contrat de quatre ans avec les Mets de New York et terminera sa carrière de onze saisons avec les Mariners de Seattle en 2013.

On retrouve Bay parmi les dix meilleurs canadiens dans la plupart des catégories offensives, dont en cinquième place pour les circuits (222), sixième dans la moyenne de puissance (,481), sixième pour la moyenne de présence plus la puissance (OPS, ,841), sixième pour les buts sur balles (636) et septième pour les doubles (240) et les points produits (754). Ses 1200 coups sûrs font de lui l’un des 13 Canadiens à avoir au moins 1000 coups sûrs dans les Majeures.

Au cours de sa carrière, Bay a été le récipiendaire du trophée Tip O’Neill, remis au meilleur baseballeur Canadien de l’année pour le Temple de la renommée du baseball canadien, à trois reprises (2004, 2005 et 2009), et a porté les couleurs du Canada lors de deux Classiques mondiales (2006 et 2009). Baseball Canada l’a accueilli sur son mur d’excellence en 2014.

“C’est vraiment plaisant et plutôt surprenant de recevoir cet appel du Temple de la renommée du baseball canadien, a dit Bay. Je suis fier et honoré de recevoir cette reconnaissance en compagnie de gens qui ont aidé à construire le baseball au Canada de plusieurs façons, jusqu’au niveau d’excellence que nous connaissons maintenant. J’ai hâte à cette journée!”

Ryan Dempster

Né en 1977 à Sechelt en Colombie-Britannique, Ryan Dempster a grandi près de Gibsons (C.-B.). Le lanceur droitier a développé ses habiletés avec les Twins de North Shore avant de défendre les couleurs du Canada lors de deux Coupes du monde junior, en 1993 et 1994.

Son bras puissant a convaincu les Rangers du Texas de le sélectionner en troisième ronde du repêchage de 1995 mais l’ont échangé 14 mois plus tard, en juin 1996, aux Marlins de la Floride dans une transaction envoyant John Burkett au Texas.

C’est à Miami que sa carrière dans les Majeures a véritablement pris son envol, après environ deux ans dans les rangs mineurs. Il a fait ses débuts le 23 mai 1998 et a été lanceur pour les Marlins pendant cinq ans. En 2000, il a terminé la campagne avec une fiche de 14-10 et une moyenne de points mérités de 3,66 en 226 manches et un tiers et 33 départs. Il a été invité au match des étoiles et a reçu le prix Tip O’Neill remis au meilleur joueur canadien de l’année par le Temple de la renommée et musée du baseball canadien. L’année suivante, il a gagné 15 matchs avant d’être échangé aux Reds de Cincinnati le 11 juillet 2002. Il a joint les rangs des Cubs de Chicago en janvier 2004.

Il a connu d’excellentes saisons dans la ville des vents, où il a joué pendant neuf campagnes. À ses quatre premières années avec les Cubs, il a principalement été utilisé comme releveur. De 2005 à 2007, il a respectivement réussi 33, 24 et 28 sauvetages. En 2008, les Cubs ont recommencé à lui faire confiance comme lanceur partant et il ne les a pas déçus alors qu’il devait connaître sa meilleure saison en carrière : 17 victoires contre 6 revers et une moyenne de points mérités de 2,96 en 206 manches et deux tiers et 33 départs. Des chiffres suffisamment convaincants pour l’envoyer au match des étoiles et le placer au sixième rang dans la course au Cy Young de la Ligue nationale.

Il a lancé plus de 200 manches au cours des trois suivantes avec que les Cubs ne l’envoie au Colorado à la date limite des transactions en 2012. Il a terminé sa carrière de joueur en remportant la Série mondiale de 2013 avec les Red Sox de Boston.

Dempster complète ainsi ses 16 saisons dans les Majeures dans le haut du classement des différentes colonnes de statistiques chez les lanceurs canadiens, dont deuxième pour les victoires (132), les retraits au bâton (2075), les départs (351) et les manches lancées (2387). Il est en quatrième place pour les matchs joués (579), les sauvetages (87) et la moyenne WAR (22,5).

En plus d’avoir joué avec l’équipe nationale junior, Dempster a aussi défendu les couleurs de son pays lors de la Classique mondiale de 2017. Baseball Canada a ajouté son nom au mur d’excellence en 2013.

Dempster est présentement un analyste pour le réseau MLB Network et assistant au président des Cubs Theo Epstein. Au cours de sa carrière, il a embrassé plusieurs causes dont celle du Syndrome DiGeorge (22q11.2 Deletion Syndrome), une maladie dont sa fille Riley est atteinte. Il a mis sur pied la Fondation de la famille Dempster qui vise à améliorer la qualité de vie des gens atteints de cette maladie.

“C’est toujours plaisant lorsque ta carrière est ainsi reconnue, a dit Dempster. Lorsque j’ai reçu l’appel du Temple, j’étais vraiment touché. Je suis fier et honoré de joindre autant de personnes importantes pour le baseball cet été à St-Marys.”

Rob Thomson

Né en 1963 à Sarnia en Ontario, Rob Thomson a grandi près de Corunna. Un joueur exceptionnel pour les Hillers de Stratford de la Ligue Intercounty au début des années 80, Thomson a été recruté par Dick Groch, qui deviendra plus tard un célèbre dépisteur chez les Yankees de New York, afin de jouer au Collège St-Clair. Le jeune canadien a joué une saison à cet endroit avant de déménager à l’Université du Kansas.

En 1984, Thomson portait les couleurs du Canada aux Jeux olympiques de Los Angeles, alors que le baseball était un sport de démonstration. L’année suivante, il était repêché par les Tigers de Détroit en 32e ronde.

Pouvant évoluer au poste de troisième but et de receveur, Thomson a joué jusqu’au niveau A avant d’orienter sa carrière vers le coaching en 1988. Il a été instructeur dans les rangs mineurs pour les Tigers pendant deux saisons avant de joindre les Yankees en 1990. Au cours des 28 saisons suivantes, ce travailleur acharné est devenu l’un des entraîneurs les plus respectés du sport professionnel. Il a occupé différents postes avec les Bombardiers du Bronx, soit comme instructeur dans les ligues mineures, gérant, coordonnateur ou directeur du développement des joueurs, Thomson s’est joint à l’équipe des Majeures comme instructeur spécial en 2004.

Quatre ans plus tard, il a été nommé l’instructeur sur le banc et a même dirigé la formation du Bronx à trois reprises pendant les absences de Joe Girardi. Il devenait ainsi le premier gérant canadien depuis George Gibson (Pirates de Pittsburgh) en 1934. De 2009 à 2014, Thomson dirigeait le trafic au troisième but et il a joué un rôle important dans la conquête de la Série mondiale en 2009. En 2015, et jusqu’en 2017, il est retourné à son poste d’instructeur sur le banc. Il a également vu à la préparation des camps d’entraînement depuis 1998 et a vu les Yankees gagner cinq Séries mondiales au cours de sa carrière avec l’équipe.

En décembre 2017, il a été engagé par les Phillies de Philadelphie comme instructeur sur le banc. Il occupe toujours ce poste.

“Je suis fier et honoré d’être intronisé au Temple de la renommée du baseball canadien, a dit Thomson. Ayant grandi à Corunna, Ontario, jamais je n’aurais rêvé qu’un tel honneur pouvait me revenir. Et félicitations à Gord, Ryan et Jason! Ma fierté canadienne sera à son plus haut niveau lorsque je serai intronisé en compagnie de mes trois compatriotes qui ont accompli tellement de choses remarquables dans notre si beau sport. J’ai hâte au 15 juin, non pas seulement pour partager cette journée avec eux, mais aussi ma famille et les gens qui ont grandi avec moi et qui continuent de le faire.”

Gord Ash

Né en 1951 à Toronto en Ontario, Gord Ash a débuté sa carrière avec les Blue Jays de Toronto à la billetterie en 1978. Il occupera plusieurs postes, grimpant les échelons un à un, passant d’assistant au directeur des opérations (1980 à 1983), administrateur (1984 à 1988) et finalement assistant au directeur gérant (1989 à 1994).

Pendant cinq ans à ce poste, Ash a négocié les contrats des joueurs, travaillant même sur les importantes signatures des agents libres Dave Winfield, Jack Morris, Paul Molitor et Dave Stewart, des joueurs qui allaient aider les Jays à gagner deux Séries mondiales consécutives (1992 et 1993). Lorsque Pat Gillick, intronisé au Temple de la renommée du baseball canadien, a quitté la formation après la saison 1994, c’est Ash qui a pris la relève. Il devenait ainsi seulement le quatrième Canadien à occuper pareil poste dans les Majeures.

Pendant les sept saisons comme directeur-gérant de la formation, Ash a repêché les futures vedettes Roy Halladay (1995), Vernon Wells (1997), Michael Young (1997), Orlando Hudson (1997) et Alex Rios (1999). En 1998, les Jays ont terminé la saison avec une fiche de 88 victoires et 74 défaites, le meilleur résultat pour une équipe bâtie par Ash. Si le format actuel des séries avait existé cette année-là, les Jays auraient participé aux séries comme équipe repêchée.

Les Jays l’ont remercié après la saison 2001 et Ash est devenu analyste au réseau TSN. Les Brewers de Milwaukee et son directeur-gérant, le Canadien Doug Melvin, intronisé au Temple de la renommée du baseball canadien, l’ont ensuite engagé comme assistant. Il a occupé ce poste pendant 12 ans et a aidé l’équipe de 2008 à participer aux séries après une absence de 26 ans et celle de 2011 à obtenir 96 victoires, un record de concession. Depuis 2015, il est le vice-président des projets baseball chez les Brewers.

Ash a donc passé plus de 40 ans dans le baseball professionnel. Pendant sa carrière, il a siégé sur d’importants comités des Ligues majeures, comme celui de la convention collective ou la création de standards pour les stades des ligues mineures. En compagnie de George Selkirk (Huntsville, ON), Murray Cook (Sackville, N.-B.), Doug Melvin (Chatham, ON), Alex Anthopoulos (Montréal, QC) et Farhan Zaidi (Sudbury, ON), il est l’un des six Canadiens à avoir été directeur-gérant pour une équipe des Majeures.

Il est également impliqué au sein de la fondation des olympiques spéciaux du Canada et de plusieurs causes en Ontario et au Wisconsin.

“Je suis un homme choyé, a dit Ash lorsqu’il a appris sa nomination. Lorsque Scott Crawford m’a appelé pour m’informer de mon intronisation au Temple de la renommée du baseball canadien, j’ai été submergé par l’émotion. Plein de souvenirs me sont venus en tête, incluant les gens que j’ai rencontré et avec qui j’ai travaillé, les endroits où ce sport m’a amené et les expériences dont j’ai profité. Le baseball n’a pas été une carrière mais un mode de vie pendant cinq décennies et au-delà de 40 ans et j’ai apprécié chaque minute. Je suis fier et honoré d’avoir la chance d’être nommé en compagnie de ces trois légendes du baseball au Canada et j’ai hâte à la fin de semaine d’intronisation. Un merci spécial au comité de sélection et félicitations aux intronisés de 2019!”